Romain THIBAULT
An206
Huile
|
|
J'ai commencé la peinture à l'âge de 12 ans, lorsque j'ai reçu en cadeau ma première toile. C'est peut-être marcher dans les pas de mon grand-père peintre qui m'a toujours,
au fond, poussé à prendre ce chemin. Certainement aussi le perpétuel besoin de contempler, puis de créer à mon tour du Beau, de l'expression, de l'Art. Cette chose au fond la plus inutile
que l'Homme ai pu inventer, mais celle qui, en même temps, le distingue au mieux de sa condition primitive d'animal.
Faire de l'Art, c'est aussi essayer de vivre avec son temps, tenter de comprendre les cheminements qu'il prend aujourd'hui, sur le point de se sortir du modernisme et du conceptualisme
tout en tirant les enseignements de ces courants à l'agonie. Mais il semble surtout que l'Art est en perpétuelle réinvention, et c'est pourquoi j'apprécie le terme de maniérisme néo-romantique
par lequel on le qualifie parfois. Comme à l'époque de la Renaissance où l'impasse de la perfection se dessinait, les artistes ont cherché à surpasser les maîtres en faisant preuve de grandes
libertés. Aujourd'hui, il est en de même, et l'Histoire se réécrit. Quant au terme Romantique, il reflète bien l'époque d'exaltation des sentiments et des passions que l'on vit à présent. C'est ainsi
que l'artiste contemporain est laissé livré à lui-même pour exprimer ses passions, ses craintes, son idée du Beau ou de l'Art en général, et c'est ce qui est passionnant dans l'Art d'aujourd'hui,
mondialisé, en perpétuelle redécouverte, susceptible d'être aussi bien inspiré par le primitif africain que par l'Art Byzantin ou les ukiyo-e japonaises.
Ainsi, personnellement, entre figuration et abstraction, je n'ai pas d'a priori, ou plus exactement, je ne fais pas de réelle différence. Entre la crudité de Lucian Freud
et l'imaginaire évanescent de Zao Wou-Ki, il existe un monde de possibilités, mais toujours la même évidence. C'est cette évidence que j'aimerais arriver à extraire de ces endroits du monde
où la beauté se trouve : dans un lac, une grotte, une cascade, l'humain. Quand tout se mélange, quand il n'y a plus ni ciel ni terre, mais qu'on les rescent tous les deux à la fois, quand chaque
élément prend toute sa place mais disparaît au profit du tout. C'est là, dans cet univers des possibles, que j'essaye de trouver ce que je ne cherche pas toujours.
|